Adaptateur + transformateur obligatoires
Attention : prises ET tension différentes ! En Haïti, vous aurez besoin d’un adaptateur de type A/B pour les prises, ET d’un transformateur de tension car le pays fonctionne en 110V (contre 230V en France).
✗ Tension différente (110V) • ✗ Fréquence différente (60Hz) • ✗ Prises incompatibles
Caractéristiques techniques du réseau électrique en Haïti
Haïti utilise les prises de type A et B, héritées de l’influence américaine dans les Caraïbes. Ces prises à deux ou trois broches plates ne sont absolument pas compatibles avec les prises françaises de type E. Vous devrez donc vous munir d’un adaptateur type A/B pour pouvoir brancher vos appareils français.


Mais ce n’est pas tout. Le réseau électrique haïtien fonctionne en 110V à une fréquence de 60Hz, contre 230V et 50Hz en France. Cette différence de tension est cruciale : vos appareils français non compatibles risquent tout simplement de ne pas fonctionner, voire d’être endommagés. Pour la plupart de vos équipements qui ne sont pas bi-tension, vous aurez également besoin d’un transformateur de tension.
Au-delà de ces aspects techniques, la réalité du réseau électrique haïtien est particulièrement difficile. Seulement 30% de la population a accès à l’électricité, et ceux qui y ont accès subissent des coupures quotidiennes prolongées. Dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, il n’est pas rare de n’avoir du courant que 5 à 9 heures par jour, parfois moins. En province, certaines zones peuvent rester sans électricité pendant des semaines entières, notamment après des grèves des employés d’Électricité d’Haïti (EDH). Le réseau est vétuste, instable, et les pertes techniques atteignent 70% de la production. Cette situation impose une approche totalement différente de votre préparation électrique par rapport à d’autres destinations.
Profil des voyageurs et besoins spécifiques
Haïti n’est pas une destination touristique classique. Les voyageurs qui s’y rendent sont majoritairement des volontaires humanitaires, des membres d’ONG, des professionnels de la santé ou de l’éducation, et plus rarement des visiteurs de la diaspora haïtienne. Cette particularité détermine des besoins électriques très spécifiques. Les volontaires et travailleurs humanitaires doivent souvent gérer plusieurs appareils essentiels simultanément : ordinateurs portables pour les rapports de mission, téléphones pour rester en contact avec les équipes, parfois du matériel médical ou éducatif. Dans un contexte où l’électricité est rare et imprévisible, la gestion de l’énergie devient un enjeu quotidien majeur.
Les missions humanitaires en Haïti se déroulent fréquemment dans des conditions d’hébergement précaires. Contrairement aux hôtels internationaux de Port-au-Prince qui disposent de générateurs diesel pour pallier les coupures, les bases des ONG ou les hébergements dans les quartiers populaires n’ont souvent pas cette infrastructure. Vous devrez probablement partager quelques prises avec d’autres volontaires, planifier vos charges pendant les rares heures d’électricité disponibles, et accepter que certains jours, il n’y ait tout simplement pas de courant du tout.
Pour les professionnels de santé intervenant dans les camps de déplacés ou les cliniques mobiles, la situation est encore plus critique. Le matériel médical électrique nécessite une alimentation fiable et stable, ce qui est quasiment impossible à garantir en Haïti sans équipement autonome. Les équipes apportent généralement leurs propres solutions énergétiques : batteries externes haute capacité, petits panneaux solaires portables, onduleurs pour protéger les équipements sensibles. Si votre mission implique du matériel médical critique, renseignez-vous auprès de votre organisation sur les solutions énergétiques déjà en place sur le terrain.
Les rares touristes qui visitent les sites historiques comme la Citadelle La Ferrière près de Cap-Haïtien doivent également anticiper ces difficultés. Dans les zones rurales, l’accès à l’électricité peut être encore plus limité qu’en ville. Prévoyez des power banks surdimensionnés, chargez tous vos appareils avant de quitter Port-au-Prince, et considérez que recharger votre téléphone peut devenir un véritable défi logistique dans certaines régions du pays.
Où et comment se procurer un adaptateur
Pour Haïti, la préparation avant le départ est absolument essentielle. Contrairement à d’autres destinations où vous pourriez trouver facilement des adaptateurs sur place, en Haïti, cette quête peut s’avérer compliquée voire impossible selon votre lieu d’intervention. Il est vivement recommandé d’acheter votre adaptateur type A/B et votre transformateur de tension en France, avant votre départ. Les boutiques spécialisées dans les équipements de voyage et les magasins d’électronique proposent ces équipements, mais la commande en ligne avec livraison à domicile reste la solution la plus pratique et économique.
Dans les aéroports français, particulièrement à Roissy-Charles de Gaulle d’où partent les vols directs pour Port-au-Prince, vous trouverez des adaptateurs dans les boutiques duty-free, mais à des prix nettement supérieurs à ceux pratiqués en ligne. Si vous partez en mission humanitaire avec plusieurs volontaires, envisagez un achat groupé d’adaptateurs universels qui pourront servir à toute l’équipe et rester sur place pour les rotations suivantes.
Sur place à Port-au-Prince, quelques magasins d’électronique dans les quartiers de Pétion-Ville ou Delmas peuvent parfois proposer des adaptateurs, mais la disponibilité est aléatoire et les prix élevés. Les hôtels internationaux comme le Best Western Premier et le Marriott Port-au-Prince disposent parfois d’adaptateurs à prêter en réception, mais ne comptez pas trop dessus pour une mission de plusieurs semaines. Les bases des ONG établies depuis longtemps en Haïti ont généralement un stock d’adaptateurs que les volontaires précédents ont laissés, renseignez-vous auprès de votre coordinateur sur place avant d’investir massivement.
Pour les transformateurs de tension, la situation est encore plus complexe. Ces équipements sont rares en Haïti et souvent de mauvaise qualité s’ils sont disponibles. Investissez absolument dans un transformateur fiable acheté en France, particulièrement si vous comptez utiliser des appareils électriques à forte puissance. Certaines organisations humanitaires incluent ces équipements dans les kits fournis aux volontaires, vérifiez cette information lors de votre briefing pré-départ.
Conseils pratiques et retours d’expérience
La gestion de l’électricité en Haïti relève davantage de la stratégie de survie que du simple confort touristique. Les volontaires expérimentés développent rapidement des réflexes : charger absolument tous les appareils dès qu’il y a du courant, même à trois heures du matin. Dans les quartiers de Port-au-Prince comme Delmas ou Martissant, l’électricité peut arriver de manière totalement imprévisible, parfois juste quelques heures par semaine. Certains habitants ont développé un système de « prises » informelles, se connectant au compteur d’un voisin qui a accès au réseau, mais cette solution est risquée et peu fiable pour des volontaires étrangers.
Les power banks deviennent votre meilleur allié en Haïti. Prévoyez des modèles haute capacité d’au moins 20 000 mAh, voire plusieurs unités si votre mission dure plusieurs semaines. Les volontaires en mission longue dans les camps de déplacés investissent souvent dans de petits panneaux solaires portables, particulièrement efficaces sous le soleil caribéen. Ces équipements peuvent être chargés pendant la journée et fournir de l’énergie le soir pour maintenir les téléphones et tablettes fonctionnels.
Dans les bases humanitaires à Port-au-Prince, la compétition pour les prises disponibles pendant les rares heures d’électricité peut devenir un enjeu. Établissez un système de rotation avec les autres volontaires : téléphones en priorité pour maintenir les communications, puis ordinateurs pour les rapports, enfin batteries externes. Certaines bases disposent de générateurs qui fonctionnent quelques heures par jour selon un planning précis, renseignez-vous dès votre arrivée sur ces horaires pour optimiser vos charges.
Pour les interventions en province, la situation est encore plus précaire. À Jacmel, Cap-Haïtien ou dans les zones rurales, l’électricité peut être absente pendant des semaines consécutives. Les équipes humanitaires qui y travaillent dépendent souvent entièrement de générateurs solaires ou diesel. Si votre mission vous amène dans ces zones, investissez massivement dans l’autonomie énergétique avant de partir : plusieurs power banks, panneau solaire portable, lampes frontales à recharge USB. Ne comptez jamais sur la possibilité de recharger quoi que ce soit une fois sur place.
Compatibilité des appareils modernes et cas particuliers
La bonne nouvelle : la plupart des chargeurs modernes de téléphones, ordinateurs portables et tablettes sont bi-tension (100-240V, 50/60Hz). Vérifiez l’étiquette de vos chargeurs, si vous y lisez cette mention, vous n’aurez besoin que d’un adaptateur de prise, pas de transformateur. C’est le cas pour les chargeurs iPhone, Samsung, les adaptateurs de MacBook et la majorité des équipements électroniques récents. Pour ces appareils, un simple adaptateur type A/B suffira.
En revanche, certains appareils nécessitent impérativement un transformateur de tension car ils ne fonctionnent qu’en 230V. C’est particulièrement le cas des sèche-cheveux, lisseurs, fers à repasser, et certains équipements médicaux. Pour les missions humanitaires en Haïti, oubliez les sèche-cheveux et lisseurs européens : soit ils ne fonctionneront pas du tout en 110V, soit ils chaufferont moins, et de toute façon les coupures d’électricité rendent leur utilisation quasiment impossible. Privilégiez le séchage naturel sous le soleil haïtien.
Pour le matériel médical électrique, la question est plus sérieuse. Si vous intervenez dans le secteur santé avec des appareils spécifiques (nébuliseurs, CPAP pour l’apnée du sommeil, centrifugeuses portables), vérifiez scrupuleusement leur compatibilité avec le 110V et investissez dans un transformateur de qualité professionnelle. Le réseau haïtien étant très instable avec des variations de tension fréquentes, ajoutez également un onduleur pour protéger vos équipements sensibles contre les surtensions.
Les batteries externes et équipements de charge USB-C sont particulièrement précieux en Haïti. Ils se rechargent en 110V sans problème et permettent ensuite de recharger tous vos appareils modernes plusieurs fois. Pour une mission de deux semaines, prévoyez au minimum deux power banks de 20 000 mAh par personne. Les équipes qui travaillent dans les camps de déplacés utilisent souvent des batteries externes partagées, chargées par rotation sur les rares générateurs disponibles.
Destinations similaires et préparation multi-destinations
Haïti partage sa configuration électrique (110V, 60Hz, prises type A/B) avec plusieurs pays des Amériques, héritage de l’influence nord-américaine dans la région. Si vous enchaînez plusieurs destinations dans les Caraïbes ou en Amérique centrale, le même équipement électrique fonctionnera dans ces pays :
- République Dominicaine : même configuration électrique mais réseau nettement plus stable, bon circuit combiné Hispaniola
- Cuba : prises type A/B identiques, tension 110V/220V mixte selon secteurs, autre île des Grandes Antilles
- Jamaïque : configuration similaire 110V mais prises mixtes A/B, destination Caraïbes anglophone proche
- Mexique : même système 110V type A/B, réseau plus fiable, circuit Amérique centrale possible
- Guatemala : prises type A/B identiques, tensions 110V, destinations combinées missions humanitaires Amérique centrale
- Canada : même standard nord-américain 110V type A/B mais infrastructure excellente, escales fréquentes Montréal-Port-au-Prince
Pour les travailleurs humanitaires qui enchaînent plusieurs missions dans la Caraïbe ou en Amérique centrale, investissez dans un adaptateur universel de qualité qui couvrira tous ces pays. Notez cependant que même si les caractéristiques électriques sont similaires, la fiabilité du réseau varie énormément : alors que le Mexique ou la République Dominicaine disposent d’infrastructures relativement stables, Haïti reste un cas à part dans la région avec son réseau particulièrement défaillant.
Si votre itinéraire humanitaire vous amène ensuite vers l’Europe ou l’Afrique francophone, vous devrez vous équiper différemment. Les pays comme la France, le Sénégal ou Madagascar fonctionnent en 230V avec des prises type E, C ou F, nécessitant des adaptateurs complètement différents. Pour les volontaires en rotation longue qui alternent entre plusieurs continents, l’adaptateur universel devient un investissement indispensable, accompagné d’un transformateur bi-directionnel si vous transportez des équipements électriques non bi-tension d’un continent à l’autre.
